La définition du droit à la déconnexion
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Le droit à la déconnexion a été formalisé par la loi Travail du 8 août 2016, dite loi El Khomri, laquelle est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2017. Elle impose aux entreprises de plus de 50 salariés de mettre en place des dispositifs assurant une bonne répartition de leur temps afin de distinguer le temps de repos et de travail. Leur permettant ainsi d'être en droit de ne pas répondre à des sollicitations professionnelles en dehors de leurs horaires de travail. Ces dispositions doivent être précisées dans le cadre de chartes ou d'accords collectifs.
Le droit à la déconnexion vise à protéger la santé mentale des travailleurs, à limiter les risques de burn-out et à permettre une meilleure séparation entre sphères privée et professionnelle.
Cette disposition vise donc les relations inscrites dans un cadre hiérarchique. Cela excluant les indépendants, puisqu’ils sont juridiquement responsables de leur temps de travail et ne relèvent pas du Code du travail au sens strict. Pour autant, l’absence de dispositif légal ne signifie pas qu’aucune protection n’est possible.
Une liberté qui peut devenir une pression invisible
Le freelance ou l’indépendant est souvent vu comme un travailleur libre, maître de son emploi du temps. En réalité, cette autonomie s’accompagne habituellement d’une pression constante : répondre vite, être disponible en soirée, corriger un livrable le week-end, décrocher un appel client pendant des vacances. Cette « sur-disponibilité » n’est pas sans conséquences. Elle peut mener à une surcharge mentale, à une perte de productivité ou à un burn-out insidieux, d’autant plus difficile à détecter que l’indépendant ne dispose d’aucune structure de protection.
Dans certains secteurs comme le développement web, le marketing digital ou le design graphique, la compétition féroce pousse les professionnels à accepter des délais intenables ou à rester joignables en permanence. Cette hyperconnexion devient alors un risque réel pour la santé, mais aussi pour la qualité du travail rendu.
L'application du droit à la déconnexion en tant qu’indépendant
Même en l’absence de cadre légal spécifique, le travailleur indépendant peut (et doit) mettre en place ses propres règles de déconnexion. La première étape consiste à fixer clairement ses horaires de travail, à les afficher et à les communiquer à ses clients.
Il est aussi essentiel de cadrer la relation client dès le début de la mission. Cela passe par la rédaction de contrats incluant des clauses sur les délais de réponse, les canaux de communication autorisés, et les horaires raisonnables de contact. Une bonne organisation passe également par des outils de planification et de priorisation, qui permettent d’éviter l’occupation constante.
D’un point de vue plus personnel, le freelance doit apprendre à s’imposer des pauses numériques, à couper ses notifications en dehors des heures choisies, et à instaurer un cadre de travail propice à la concentration et à la récupération. Il ne s’agit pas uniquement d’une question de confort, mais bien d’une stratégie de long terme pour préserver sa santé et sa performance professionnelle.
Des initiatives émergentes pour encadrer l’hyperconnexion
Bien que non couvert par la loi sur le droit à la déconnexion, le monde indépendant commence à s’organiser autour de cette problématique. Des collectifs de freelances, des plateformes ou des syndicats professionnels recommandent des pratiques vertueuses : délais raisonnables, respect des congés, politique de réponse différée. Certaines plateformes intègrent même des outils pour désactiver les sollicitations pendant les périodes de repos ou afficher des statuts d’indisponibilité.
Par ailleurs, le sujet du droit à la déconnexion est de plus en plus abordé lors des formations à l’entrepreneuriat ou dans les accompagnements à la reconversion professionnelle. Cette sensibilisation vise à rappeler que l’indépendance ne doit pas se transformer en isolement ni en surmenage non contrôlé.